Notre dernier jour

Samedi 3 juillet 2010

Ce matin, nous revisitons les valises pour rééquilibrer le poids : de toute évidence, elles sont moins lourdes qu’à l’aller. Nous voici à la fin de notre agréable séjour.

Les impressions de Fernande

Séjour agréable et étonnant par le contraste entre la ville et la campagne profonde, où d’un côté il y a du gaspillage (dans l’électricité entre autres : quand il y en a, les maisons sont éclairées à l’extérieur, alors que d’autres n’en ont pas du tout, comme à Bwira). Je ne m’imaginais pas qu’il y avait autant de collines. J’ai dû faire des efforts pour monter ! J’ai été étonnée par le nombre de personnes qui pouvaient marcher, de jour comme de nuit, sur un terrain qui était difficile pour moi, alors qu’eux avaient l’air très à l’aise.A Bwira, j’ai été surprise par l’âge des femmes de Bwira: ce sont des femmes enfants. On voit qu’elles n’ont pas vécu une enfance « normale », avec insouciance. Je suis étonnée de leur gentillesse et de leur curiosité aussi vis-à-vis du « muzungu » (le blanc). Au début, les enfants éprouvaient le besoin de nous toucher, probablement pour sentir s’il y a une différence.Ce qui m’a aussi étonnée c’est de voir tous ces porteurs d’eau. Les conditions de vie à Bwira sont très difficiles, et en même temps on a l’impression que c’est facile. C’est-à-dire pour nous ca a l’air difficile, mais eux sont habitués.J’ai aussi été surprise par la température locale, qui ne dépasse pas les 28. Pour ceux qui veulent venir à Bwira, il vaut mieux prévoir des pulls et des couvertures : ce n’est pas tout à fait les collines comme chez nous, pour moi c’est plutôt des montagnes.

Jardin potager de Bwira

Il nous reste beaucoup de travail à accomplir pour développer notre centre Ubuntu. Le compost est le besoin le plus criant. On voit que la terre a faim, et les hommes aussi. On sent que les enfants ont des carences alimentaires. Ils ne sont pas gros, mais ils ont presque tous de petits ventres. Nous avons commencé à mettre la première pierre à notre centre en réalisant un coin pour le compost qui servira à la plantation d’une bananeraie de petites bananes pour le mois de septembre.

Les impressions de Maryse

Un exemple de différence entre la ville et la campagne, c’est la route. Les routes sont grandes et bien drainées en ville et sur les grands axes, alors que dans la campagne ce sont des pistes de dernière catégorie. Je compare ça au lit d’un torrent de chez nous : il y avait des endroits où c’était presque ça.        Par rapport à la curiosité, des enfants et des femmes ont touché nos cheveux pour sentir la différence. Des enfants ont voulu monter derrière le 4×4 car ils n’en avaient jamais vu, et au moment du départ, il y en a un qui s’est légèrement blessé en voulant monter. Cependant, la curiosité de la fin n’était plus la même que celle du premier jour.Un autre constat chez les enfants, c’est le manque d’hygiène : j’ai vu un enfant faire pipi et se rouler dedans. Ce n’est pas forcément leur faute, on voit qu’il n’y a personne pour s’en occuper. Les parents n’en ont pas toujours le temps. J’ai aussi été étonnée de voir à quel point les gens manquent de savon, pour se laver et pour laver les vêtements. Ca demande des efforts considérables d’aller chercher l’eau à la fontaine, et c’est souvent fait par les enfants.D’une manière générale, il n’y a pas beaucoup de sourire sur leurs visages, aussi bien les petits que les grands. Le manque d’échanges entre les grands et les petits est visible. Même les enfants qui viennent courir derrière la voiture, on n’a pas l’impression que les adultes maîtrisent…

Un mot final de Marie

La rencontre va dans les deux sens et, en tant que « abazungu » (blancs), Fernande et Maryse ont aussi été l’objet de la curiosité des habitants. J’ai été honorée d’avoir ouvert cet espace de rencontre, et je vous attends pour un autre prochain voyage. Bravo à mes deux courageuses premiers « cobayes ».  C’est l´heure, nous partons pour l’aéroport, notre arrivée à Niort est prévue pour dimanche le 4 à midi.

A très bientôt.

Deuxième semaine

Mardi 22 juin 2010   

Aujourd’hui nous recevons à déjeuner les femmes de la coopérative. Nous préparons du bœuf bourguignon sans bourguignon. Deux femmes de la coopérative nous aident à pelucher 20 kg de pommes de terre et 3 kg de carottes.  

Les femmes ont apporté des grandes cocottes et des pierres pour faire les deux foyers. Toutes les femmes d’ABIHUJE arrivent vers 13h00 : 30 femmes et 28 enfants, ainsi que le porteur d’eau. Comme apéritif « made in Rwanda », nous avons du jus de fruit de la passion.  

Après le repas, Marie Goretti explique le système du SEL (Systèmes d’Echanges Locaux) et propose que la coopérative gère un SEL. Des tableaux sont réalisé pour enregistrer les premiers échanges.   

Puis c’est le temps du repos, et nous sortons les aiguilles à tricoter, les jouets pour enfants, notamment les poupées, et les casquettes. Maryse enseigne le tricot à quelques femmes.  

Nous avons la visite du responsable de la cellule (région administrative). Le gaz fonctionne enfin. Le vent dans les feuille des bananiers nous rappelle le bruit de la pluie en France  

Mercredi 23 juin 

Dameseni nous apporte un poulet vivant. Mousougou est sollicité pour le préparer. Marie Goretti et Maryse partent au secteur pour que Marie Goretti se fasse recenser. Fernande est restée au fourneau et fait sa lessive. Au secteur nous avons droit à la visite des travaux communautaires pour la construction des bureaux des responsables de la cellule, puis nous faisons  un petit tour côté pépinière.  

Après déjeuner nous allons à l’école où nous avons rendez-vous avec les 8 enseignants. Nous leur apportons des stylos, feuilles de papier, jeux , livres… Cette réunion est très enrichissante aussi bien pour eux que pour nous. Ils sont très intéressés par notre projet Ubuntu et attendent beaucoup de nous. A la sortie de l’école, nous allons visiter l’oncle qui se marie demain. Réception chaleureuse et  retour dans notre résidence à la nuit tombante. Depuis notre arrivée, les rôles de Maryse et Fernande ont changé : Maryse est devenue secrétaire et rédige ce journal, Fernande tient les comptes de la cagnotte. Nous nous préparons, chacune dans notre rôle, à l’inscription du prochain « Koh Lanta » 

Jeudi 24 juin 

Ce soir nous avons invité les femmes de la coopérative à une soirée conviviale. Pour cela nous avons décidé d’offrir des crêpes et du thé. Pendant que Fernande prépare la pate à crêpes, Maryse installe les moustiquaires et fait de la couture. En revenant du marché nous invitons Théopiste à faire sauter les crêpes. Elle se débrouille très bien.  

Début d’après midi nous allons visiter le voisin potier qui confectionne de grosses jarres. Une dame nous apporte des colcazes (genre de patates). La directrice de l’école, absente lors de notre visite d’hier, vient nous saluer. Après son départ, nous prenons le chemin pour aller au mariage de l’oncle. Les mariés nous rattrapent sur le chemin. Série de photo interminable. Nous assistons au vin d’honneur, une trentaine de personnes dans la salle. Les mariés boivent le jus de fruit que nous leur avons offert la veille et tous les autres boivent le vin de banane. Après cette dégustation, on nous apporte une grande assiette de légumes (choux, haricots, manioc, colcazes) avec riz, sauce d’arachid et frites. C’est tellement copieux que nous acceptons 1 assiette pour nous 3.  

Quand nous rentrons enfin, les femmes ABIHUJE nous attendent. Marie Goretti et Fernande massent les mains des 30 femmes qui apprécient ce moment de détent ; il y des chants, des devinettes (ibisakuzo) et des danses. Nous partageons les 60 crêpes avec du thé. Pendant que Maryse prépare le thé, une discussion s’entame sur de nombreux sujets : la contraception « pourquoi est-ce que les blancs ont moins d’enfants que nous ? Est-ce par ce qu’ils ont été créés comme ça, où y-a-t-il une autre raison ? »,  les enfants, le port de pantacourts en tant que femmes « si nos maris nous voyaient avec des shorts, ils se fâcheraient et nous traiteraient de folles ! nous les portons sous des pagnes ou longues jupes », les femmes et les hommes battus « lorsque mon mari me frappe, moi aussi je réponds en frappant, et souvent c’est lui qui souffre plus que moi !». Et elles ont ajouté « et si j’ai vraiment mal, le lendemain je vais porter plainte devant les autorités, et il est puni ! ».  

Les bébés commencent à se manifester, il est temps pour elles de rentrer. Il est 21h.

Vendredi 25 Juin

Ce matin, Maryse fait le plan du village. Pour ce faire elle mesure au pas : compte tenu de la dénivelée, un pas = 80cm. Marie Goretti ramasse les haricots avec Théopiste pendant que Fernande essaie de confectionner un balai avec un manche.

Puis nous allons visiter la maman de Damascène (porteuse d’eau). Damascène (14 ans) a quitté l’école depuis 2 ans car, bien que  l’école primaire est gratuite, les parents doivent fournir l’uniforme et le matériel scolaire. La maman de Damascène, veuve depuis les événements de 1994, nous confie que sa préoccupation primordiale est de trouver à manger pour ses enfants. Sa petite maison a juste une pièce (où on devine le coin cuisine, la chambre) et une petite entrée. Fernande décide de parrainer Damascène qui est prêt à retourner à l’école à la rentrée de janvier 2011.

Notre prochaine visite est dans une production de vin d’ananas. Sur notre chemin, nous nous arrêtons pour emporter une jeune dame couchée sur un brancard porté par 4 hommes. Prête à accoucher, elle souffre des secousses. Nous la descendons à la maternité, accompagnée de sa maman. Nous sommes très émues et recevons beaucoup de reconnaissance tant de la maman que des brancardiers.

Nous arrivons enfin à Nyange et bénéficions d’une dégustation de vin d’ananas. Cette visite nous a été proposée et présentée par Innocent, professeur de chimie. Nous visitons les champs d’ananas avec le propriétaire qui nous offre une bouteille et 10 ananas.

A notre retour, nous prenons l’apéro avec du vin de banane confectionné par Marie Goretti il y a 3 jours. Malheureusement, la température n’étant pas assez élevée, le vin n’a pas fermenté. Nous nous rabattons sur la bière de sorgho que Jean à fourni. Nous nous réservons le vin d’ananas pour notre voyage, tellement il est bon !

NOTE : Depuis que Maryse ne met plus de produits anti moustique acheté en pharmacie à un prix assez élevé (en France), elle n’est plus piquée. Conclusion : les fabricants ont dû se tromper dans la formule, ou alors espèrent-ils vendre le produit calmant après la piqûre !

Samedi 26 juin

Marie Goretti s’est levée à 6h pour assister au lever du soleil. Dans la matinée, la chèvre (viande locale très consommée)  achetée par Jean est amenée par Damascène. Nous décidons  de rédiger le compte rendu de la semaine sur le micro de Jean. La séance fut brève 11mn et plus de batterie ! Après le déjeuner avec les neveux (Claude et Joseph), Marie Goretti, Jean et Mousungu (le régisseur) font un état des lieux des cultures de la propriété. C’est une très belle journée et nous prenons le temps de procéder à l’évaluation des 2 premières semaines.

Pendant que Fernande, Maryse et les 2 neveux se prélassent devant la maison, 2 femmes font leur apparition pour nous proposer leur artisanat. Nous achetons 2 corbeilles pour montrer aux femmes d’ABIHUJE les différentes couleurs, motifs et formes possibles. Nous allons visiter le jardin potager de l’école et en profitons pour mesurer le plus grand bâtiment : 300 briques par 30 briques : 1 brique = 22 cm

Nous nous dirigeons vers le lieu ou sera implanté le centre Ubuntu.

Dimanche 27 juin

Après avoir rangé notre résidence, nous prenons la 4×4 pour Kigali où Marie Goretti a rendez-vous pour une rencontre avec les anciens élèves de son lycée (il y a 25 ans !). Jana et Maryse accompagne Marie Goretti, tandis que Fernande prépare le repas.

L’une des amies de Marie Goretti propose de nous faire visiter Kigali, une belle ville avec de beaux quartiers, notamment à Nyarutarama, un quartier qui fait partie du plan de reconstruction, aussi surnommé « La Terre Promise »: il ressemble à un vrai paradis, comparé à quelques autres quartiers visités. A l’issue de cette promenade, nous allons voir la maison de Kigali de Marie et une partie de la banlieue lointaine.

Lundi 28 juin

Nous voici repartie pour une journée de voyage. Nous passons à l’ambassade de France, faisons quelques courses et confirmons notre vol de retour. Puis départ pour Butare via Gitarama. Nous prenons deux auto-stoppeurs, des gendarmes avec mitraillette. Nous les déposons à quelques kilomètres plus loin et ils nous remercient gentiment.

Arrêt à la hauteur de Byimana pour un piquenique, le premier pour lequel nous n’avons pas de spectateur ! Ici, les gens sont tellement habitués à voir des blancs et des véhicules  qu’ils ne sont pas curieux. Petit arrêt plus loin pour acheter de jolis paniers traditionnels. 14h30, arrivée chez Dative et déjeuner copieux. Nous retrouvons également Jana accompagnée de Laurien, un ancien collègue de travail de Marie. Nous faisons ensuite une visite à Akanzaru qui fait frontière entre le Rwanda et le Burundi.

Nous retournons passer la nuit chez Dative, où un repas de fête nous attend, avec apéro rwandais: le vin de Rusizi, « le secret des Grands Lacs », confectionné par les Carmélites de Sovu. Nous parlons de notre séjour à Dative, qui n’a pu venir à Bwira, car elle a un bébé d’1 mois. La nuit est courte et mouvementée : l’aînée de Dana (20 mois) ne s’est pas encore  adaptée au départ de sa nourrice. Résultat : elle pleure une bonne partie de la nuit!

Mardi 29 juin

Avant de quitter Butare, nous passons à l’ancien bureau de Marie pour saluer ses anciens collègues et voir la maison où elle a vécu avant de quitter le Rwanda. Nous visitons le musée national du Rwanda, qui est passionnant ! Nous faisons un tour à la foire locale sur le stade de Huye. Parmi les choses intéressantes, un stand qui propose des engrais organiques : 1kg d’engrais pour 250 Francs Rwandais (0.35 €). Ce stand propose aussi un produit qui active la fermentation du compost pour 900F le litre (1.20 €). Nous achetons 2L de ce produit pour tenter l’expérience dans le jardin du centre Ubuntu.

Puis départ vers notre destination finale, Bwira. Arrivée à 20h03, nous battons nos records : 30 minutes pour faire 10 km d’autopiste, la nuit, en franchissant les 19 ralentisseurs rwandais (petits ponts en bois) ! Compte tenu de l’heure qu’il est, nous préparons un rapide reps : pâtes et sardines à la tomate.! Exténuées, nous apprécions chacune notre lit, au calme.

Mercredi 30 juin

Alors que nous avions prévu une grasse matinée autorisée, Maryse se lève au milieu de la nuit pour soigner son mal de gorge, tandis que Fernande fait une chasse aux moustiques dans sa moustiquaire ! La bataille est rude et douloureuse. Marie entend vaguement, mais refuse de prendre part à la bataille. Résultat, elle se réveille tôt, pour voir le lever du soleil qui, lui, a décidé de ne pas sortir de ses nuages douillets!

Fernande et Marie apprécient une douche bien chaude, mais Maryse préfère économiser les forces de Damaseni, notre puiseur d’eau, et décide d’entreprendre la grande marche (il y a 2 passages difficiles) pour atteindre la source et faire sa lessive de fin de séjour. Beaucoup de spectateurs sont curieux de voir du savon !

Fernande cuisine le lapin avec des patates douces à la poêle. Après le repas, Marie et Fernande préparent le compost en récupérant tous les déchets végétaux des alentours et les mélange aux excréments des vaches, avec l’aide de Mousoungu et de Damaseni. Une fois le compost fermé par les soins de Mousoungu, l’équipe technique et conseillère en compostage se déplace vers le jardin de Théopiste où elle aide, avec les enfants curieux, au ramassage des goyaves (fruits) et d’herbes sèches pour les mettre au compost. Pour la première fois depuis le séjour, Marie Goretti se fait piquer dans la bananeraie. Grâce à l’extrait de pépins de pamplemousse, les boursouflures et les douleurs disparaissent instantanément!

En début de soirée, l’agronome nous apporte 4kg de café de Ngororero. Entretemps, nous avons aussi commandé d’autre café de Bwira : Rendez-vous en France pour la dégustation.

Jeudi 1er juillet

C’est un jour férié au Rwanda, en commémoration de l’indépendance. Fernande qui cette nuit a bien dormi, tente aussi de voir le lever du soleil, mais jusqu’à présent, seule Marie est parvenue à le voir se lever sur la chaîne des collines de Ndiza qui fait face à Bwira.

Tandis que Fernande prépare le repas, en vue d’ invités de marque, Maryse et Marie Goretti partent au marché de Gatumba pour trouver des légumes. En route, Mousoungu leur apprend que ce n’est pas jour du marché. Heureusement, la femme de l’agronome chez qui nous chargeons l’ordinateur, nous offre des légumes. C’est ça aussi le Rwanda : la générosité des habitants !

Nos invités de marque sont le secrétaire exécutif de Bwira et la secrétaire d’ABIHUJE. Après le repas, dépôt chez Théopiste des derniers cadeaux du séjour : vêtements, laine, casquettes, etc… Nous récupérons leurs travaux d’artisanat et commençons à préparer nos valises.

Une des membres ABIHUJE nous apporte du maïs jeune et frais que Jean et Marie Goretti font griller pour le repas du soir. Rédaction de ce compte rendu que nous tenons à envoyer de Bwira ! Il est 21h43. Bonne nuit, à bientôt pour la suite de notre merveilleux voyage.

Vendredi 2 juillet

Pour une fois, Maryse est debout la première ! Mais il est 7h15, comme d`habitude… Aujourd’hui c’est jour de ménage et de distribution des derniers cadeaux à l’école et chez le potier. Départ vers la capitale à 11h. Nous nous arrêtons chez Jean à Gitarama pour déjeuner.

En route, nous faisons un arrêt dans une station de lavage près d’une rivière, pour laver la voiture, tandis que Maryse et Marie Goretti se rechangent sous les yeux curieux de nombreux spectateurs : c’est que nous avons bientôt rendez-vous à l’ambassade.

Nous avons failli arriver en retard, et sommes reçues par le consul. Après cette séance, nous faisons quelques boutiques d’artisanat et rentrons tranquillement chez Jana.

Première semaine

Lundi 14 Juin 2010   

A l’aéroport, notre hôtesse Jana nous attends, et nous amène chez elle avec le 4×4, assez gros pour contenir tous nos bagages : nous avions 138 kg répartis en 6 grosses valises et sacs à dos .  Après un petit tour à  Kigali pour passer à la banque et faire quelques courses telles qu’un carte routière, nous arrivons chez Jean, le frère de Marie.  Les retrouvailles sont, selon Maryse, très émouvantes.    

Nous partageons le repas avec la famille et les voisins et dégustons les petites bananes « kamaramasenge .  Rien à voir avec les nôtres! Et puis, départ pour Bwira.   

La piste devient de plus en plus dure mais nous arrivons enfin au secteur de Bwira et sommes reçues dans le bureau du secrétaire exécutif de Bwira et son équipe (7 personnes). Ce n’est qu’à 18h00 que nous arrivons dans la maison des parents de Marie. Le 4×4 ne passe pas et les voisins déterrent une partie du potager pour nous aider à passer ! Il y a beaucoup de monde et nous n’arrivons pas à vider la voiture !   

Nous allons voir les femmes de la coopérative ABIHUJE et sommes accueillies par des chants et des danses. Embrassades avec tout le monde…   

Mardi 15 Juin   

Après notre petit déjeuner de bouillie de sorgho et de bananes, nous tentons d’utiliser la cuisinière à gaz mais le branchement que nous avons apporté ne s’adapte pas sur la bouteille. La belle-mère de la grande sœur de Marie s’invite au petit déjeuner avec ses trois petits enfants.   

11h30, accueil à l’école primaire et maternelle, qui compte 300 élèves et 9 enseignants, puis visite à la coopérative ABIHUJE tandis qu’elle est en plein travail : fabrication de nattes et de paniers Uduseke.   

Pour le repas nous préparons du riz et l’isombe (feuilles de manioc pilées) pour accompagner le lapin que l’intendant Muzungu nous a préparé. Puis nous faisons une première visite à la propriété et testons la douche solaire : nous arrivons à la conclusion que le meilleur moment pour la douche est vers 17h, quand l’eau est encore chaude.   

Mercredi 16 juin   

Fernande et Marie confectionnent la bouillie de sorgho avec du lait de vache de Muzungu, du miel et du chocolat, tandis que Maryse s’est portée volontaire pour être de corvée de vaisselle.   

Réunion préparatoire pour notre rencontre avec le secrétaire exécutif de Bwira avec qui nous avons rendez-vous demain. Nous avons aussi  le plaisir de rencontrer Ananias, un homme qui, la dernière fois que Marie l’a vu il y a 8 ans, était en guenilles et aujourd’hui porte un pantalon et une chemise décents. En raison de mal de dos, il a dû finalement, à l’âge de 73 ans, se séparer de sa plantation de café. Nous l’invitons à partager le déjeuner avec nous. Nous avons aussi le plaisir de la compagnie de l’oncle Fidele.   

Départ pour la visite de tante Valérie qui nous offre 2 litres de jus de bananes, 3 ananas et des goyaves. Nous rencontrons aussi tante Agnès et tante Angèle. Bain de foule, car c’est la sortie des classes. Puis nous allons voir tante Catherine, qui est en train de trier les haricots.   

L’oncle Fabien, 83 ans et en forme, nous invite dans sa maison. Sa femme nous offre des bananes pour déguster et pour emporter. Nous prenons des photos, notamment de la dernière vache acquise par Fabien, afin qu’il puisse la montrer à sa fille qui est en Belgique.   

Puis nous rentrons en pleine nuit : il est 18h00 ! Il nous faut 40 minutes pour parcourir 10 km.

Jeudi 17 juin   

Après un petit déjeuner à la Française puisqu’il nous reste du pain, nous partons pour l’atelier de cuisine avec les 30 femmes d’ABIHUJE. Au menu : manioc sur haricots secs, patates douces, colcazes « amateke » et isombe (feuilles de manioc pilées). Maryse s’initie  au pilage des feuilles de manioc.   

Pendant la cuisson, les femmes nous présentent leur stock d’artisanat et nous en expliquent le processus de confection depuis la récolte des plantes jusqu’au produit final : paniers et nattes. A l’issue du repas, nous leur offrons des échantillons de parfum. Elles sont ravies !   

Après ce merveilleux repas, nous nous mettons en route à pied pour rencontrer le secrétaire exécutif et son comité directeur. Cette réunion est fructueuse :  une grande ouverture pour notre  action est démontrée. Nous rentrons accompagnées de femmes et d’enfants de la région et prenons une douche froide. Enfin, Fernande la doyenne se fait chauffer de l’eau, jeunesse oblige !   

Avant de se coucher, Jana nous interviewe pour son doctorat et nous parlons de notre association, son organisation, son financement et son historique. Maryse empoigne son tricot.   

Vendredi 18 Juin  

Aujourd’hui nous avons la visite de Marguerite, une artiste locale qui a déjà formé plus de 80 personnes dans le Rwanda à l’art des paniers « scoubidou ». Grâce à un prix qu’elle a reçu en Allemagne en 2003, elle a pu reconstruire l’école de Bwira, dans laquelle vont ses enfants.   

Nous accueillons ensuite Théopiste, son mari et leur fils pour partager le repas. Puis Fernande et Théopiste se mettent au tricot, tandis que Marie et Maryse descendent jusqu’à la rivière et passent chez Kazengero, la doyenne du village.  

Nous allons aussi rendre visite à un  guérisseur  de Bwira et à son épouse, qui est membre d’ABIHUJE.   

Samedi 19 juin  

Après une petit déjeuner traditionnel de bouillie, nous partons vers le Nord. Sur notre route, nous faisons un crochet pour aller au lycée dans lequel Marie a étudié, aujourd’hui nommé « Collège de l’Immaculée Conception ».  

Puis nous continuons notre route à Kabaya et Gisenyi au Nord-Ouest du pays. Le paysage est magnifique avec ses plantations de thé, ses lacs et terrasses bien aménagées de plantations de légumes maraîchers (poivrons, carottes, mais etc.). Nous avons vue sur le sein de Bigogwe, un rocher bien connu pour avoir la forme d’un sein.  

Nous déjeunons au bord du lac KIVU. Le soleil est au rendez-vous et nous en profitons pour nous baigner en « sous-vêts » !  

Nous passons la nuit dans un hôtel sur la Corniche, près de la frontière avec le Congo.  

Dimanche 20 juin  

Départ pour Kibuye au Karongi. Nous faisons 82 km sur « l’autopiste » et faisons beaucoup d’arrêts photo du lac, des plantations, des forêts d’eucalyptus, des cascades, des collines, des prairies avec vaches etc.  

Nous arrivons à Kibuye à 14h et faisons un tour de bateau sur le lac Kivu pour s’approcher de la grande  île aux chauve-souris. Au repas du soir, nous dégustons les sambaza qui sont des petits poissons du lac Kivu, avec une délicieuse soupe de poisson puis une salade de fruit et des crêpes.  

Nous repartons pour Kigali à 19h30, il fait très noir. Nous arrivons à 22h00. Jana, qui pourtant connaît bien Kigali, ne retrouve plus le chemin pour rentrer à cause des travaux… Finalement, nous y parvenons et passons une bonne nuit de sommeil. 

Lundi 21 juin  

Aujourd’hui nous avions prévu d’aller à l’ambassade de France, mais nous ne pouvons être reçues en raison de travaux. Alors nous allons à Kimihurura (un quartier de Kigali) pour y apporter des cadeaux. Nous retournons ensuite à Bwira, non sans avoir fait des courses en préparation de l’atelier de cuisine prévu pour demain avec le collectif ABIHUJE.   

Nous ne parvenons toujours pas à allumer le gaz…  

Dimanche 20 juin  

Départ pour Kibuye au Karongi. Nous faisons 82 km sur « l’autopiste » et faisons beaucoup d’arrêts photo du lac, des plantations, des forêts d’eucalyptus, des cascades, des collines, des prairies avec vaches etc.  

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